dimanche 13 janvier 2019

Dans le faisceau des vivants

Dans le faisceau des vivants, Valérie Zenatti, éditions de l'Olivier, 160 pages

Présentation de l'éditeur:

Leur relation n’était pas seulement celle d’un romancier et de sa traductrice, c’était aussi celle de deux amis qui se parlaient sans cesse.
De quoi parlaient-ils ? D’écriture, de langues, d’amour, d’animalité, d’enfance. De la terreur d’être traqué.
Ils partageaient également quelques silences.
Lorsqu’il disparaît en janvier 2018, la jeune femme ne peut se résoudre à perdre cette voix dont l’écho résonne si puissamment en elle. Après un temps de sidération, elle cherche à la retrouver, par tous les moyens. Sa quête la conduira jusqu’en Ukraine, à Czernowitz, la ville natale de l’écrivain. Il pourra alors prendre sa place, dans le faisceau des vivants.
Aharon Appelfeld était l’un des grands écrivains de notre temps.
Valérie Zenatti a traduit la plupart de ses livres, d’ Histoire d’une vie (prix Médicis étranger 2004) jusqu’à Des jours d’une stupéfiante clarté, son dernier roman paru en France.
Scénariste et écrivain, elle est l’auteure de livres destinés à la jeunesse (Une bouteille dans la mer de Gaza) et de plusieurs romans dont Jacob, Jacob (L’Olivier, 2014), couronné par le prix du Livre Inter et traduit dans quinze langues.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Ligne après ligne, de manière furtive et néanmoins profonde, j'ai eu l'impression de toucher aux fondements même de l'humanité et en en cela, c'est l'un des plus beaux textes qu'il m'ait été donné de lire ces dernières années.

dimanche 6 janvier 2019

Le discours

Le discours, Fabrice Caro, Gallimard, collection Sygne, 208 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

«Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.» C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques. 
Un récit savamment construit où le rire le dispute à l’émotion.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Quand l'intelligence du texte fait rire à gorge déployée...

mercredi 2 janvier 2019

Les mille et une nuits de Krushnik

Les mille et une nuits de Krushnik, Sholem-Aleikhem, L"antilope, 160 pages

Présentation de l'éditeur:

Dans ces mille et une nuits, le palais est un bateau d’émigrants fuyant vers l’Amérique. Shéhérazade, c’est Yankl, le narrateur, qui confie ses déboires : sa Krushnik natale n’a cessé de passer de l’occupation russe à l’occupation allemande. De quoi rendre fous les habitants juifs, véritables dindons de la farce.
Faire rire de la guerre – la Première Guerre mondiale – Sholem-Aleikhem s’y emploie avec brio.
Un récit écrit en 1915, l’un des derniers de l’auteur.

Extrait

« Donc, comme je vous l’ai promis, monsieur Sholem-Aleikhem, je vais commencer par mon fils aîné, mon Yehiel, que les Ruskoffs ont pris à la guerre et mis à tirer au même titre que les moujiks.
[…] Tu parles d’une science, tirer ! On attrape le machin, on appuie un coup, et ça tire ! Mais là n’est pas la question. Allez-y, fusillez-vous, pendez-vous, noyez-vous, et laissez mon Yehiel tranquille, pourquoi doit-il tirer avec vous ? »

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Grande joie de commencer mon année plongée dans ce classique de la littérature yiddish qui nous parle d'une époque où la Pologne était loin d'être souveraine et où le peuple juif, qui n'avait alors pas de patrie, servait de fusible commode dans bien des conflits.

lundi 31 décembre 2018

La violence en embuscade

La violence en embuscade, Dror Mishani, Points, 384 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Hanté par ses erreurs passées, le commandant Avraham doit démêler une étrange affaire. Une bombe factice a été retrouvée près d'une crèche de Holon, dans la banlieue de Tel-Aviv. Les suspects ne manquent pas : exécrable, la directrice a été accusée par des parents de maltraitance envers leurs enfants. Haïm, entre autres, qui élève seul ses deux fils et a un comportement si bizarre. Avraham pourra-t-il faire de nouveau confiance à son intuition ? « Un ton original pour du suspense garanti. » Laure Adler, « Hors-Champs » - France Culture Par le lauréat du Prix du Meilleur Polar 2015 Traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz
Universitaire spécialisé dans l'histoire du roman policier et fin connaisseur de la littérature française du XIXe siècle, Dror Mishani, incarne le renouveau du polar israélien. Il vit à Tel-Aviv.

Ma cote d'amour: ***** Enthousiaste
Commentaire spontané: Impossible de le lâcher!

Indian Creek

Indian Creek, Pete Fromm, Gallmeister, 256 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:
Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j'avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
— Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m'expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t'en constituer toute une réserve avant que la neige n'immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai :
— Heu... C'est quoi, une corde de bois ? 
Ainsi débute le long hiver que Pete Fromm s'apprête à vivre seul au cœur des montagnes Rocheuses, et dont il nous livre ici un témoignage drôle et sincère, véritable hymne aux grands espaces sauvages.


Ma cote d'amour: ***** Bibliothèque idéale
Commentaire spontané: Quelle claque! Cette année de lecture finit en beauté.

dimanche 23 décembre 2018

Siegfried, une idylle noire

Siegfried, une idylle noire, Harry Mulisch, Folio, 288 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Comment appréhender Hitler ? La fiction seule peut-elle nous aider à comprendre cette énigme du mal absolu, comme l'affirme le grand romancier Rudolf Herter lors d'une interview à la télévision autrichienne ? Quand Julia et Ullrich Falk le contactent, après avoir entendu ses propos, et lui révèlent qu'ils ont élevé le fils du Führer et d'Eva Braun, ses convictions vacillent. Car les Falk ont été domestiques au Berghof, le refuge bavarois de Hitler, et lui font le récit non seulement de la vie quotidienne dans l'entourage de Hitler, mais surtout des circonstances dans lesquelles ils se sont attachés au petit Siegfried, jusqu'à ce qu'un ordre venu de Berlin leur demande l'inimaginable. Ce lourd secret qu'ils ont gardé toute leur vie, ils le confient maintenant à Herter. Complètement abasourdi, entre fiction et réalité, ce dernier cherche une réponse...
Siegfried est un roman audacieux, haletant et romanesque, tout en portant la marque de cette interrogation philosophique sur l'Histoire et les origines du mal qui traverse toute l'œuvre de Mulisch. L'originalité du propos appuyée sur une érudition peu commune et un talent de conteur exceptionnel, tout cela fait de Siegfried un vrai coup de maître.

Ma cote d'amour: ***** Enthousiaste
Commentaire spontané: Complètement emportée par l'histoire.

Idaho Winter

Idaho Winter, Tony Burgess, Les Allusifs, 152 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Avec Idaho Winter, Tony Burgess, l’une des voix les plus singulières de la littérature canadienne contemporaine, repousse encore une fois les limites et n’accorde au lecteur aucune tranquillité d’esprit. Ce livre est en réalité un court roman sur un court roman qui a vite fait de dérailler lorsque son protagoniste décide de renverser le tyran (l’auteur) qui n’a eu de cesse de le tourmenter. Sans raison apparente, le « pauvre et pathétique Idaho Winter » est haï par l’ensemble de la petite communauté semi-rurale dans laquelle il vit : son père l’oblige à se nourrir d’animaux morts grouillants de vers pour déjeuner, on lui intime de traverser la rue quand les voitures roulent à tombeau ouvert, et les élèves et les enseignants de son école se liguent contre pour lui faire cruellement payer son existence. Un espoir pointe à l’horizon lorsqu’il fait la rencontre de Madison, qui compatit à ses malheurs et lui apporte un certain réconfort. Mais la jeune fille est la proie des chiens lâchés aux trousses d’Idaho. À ce point du récit, tout bascule. Le souffre-douleur découvre que ses tourments résultent de l’imagination cruelle d’un auteur. Fort de ce savoir, Idaho parvient à enfermer l’écrivain dans un placard et à s’enfuir, assuré qu’il peut désormais, grâce à sa propre imagination, faire prendre à son destin une tout autre direction. Lorsque l’auteur réussit finalement à se libérer, il constate l’ampleur des dégâts occasionnés au roman par Idaho et se met en quête d’une solution pour remettre le récit sur les rails.


Ma cote d'amour: ***** Enthousiaste
Commentaire spontané: Des réflexions très atypiques - et plutôt perturbantes quand on est soi-même auteur! - sur la responsabilité de l'écrivain vis-à-vis de ses personnages. Un livre qu'on ne lâche pas.