dimanche 3 novembre 2019

Francis Rissin

Martin Mongin, Tusitala, 616 pages

Présentation de l'éditeur:

De mystérieuses affiches bleues apparaissent dans les villes de France, seulement ornées d’un nom en capitales blanches : FRANCIS RISSIN. Qui est-il ? Comment ces affiches sont-elles arrivées là ? La presse s’interroge, la police enquête, la population s’emballe. Et si Francis Rissin s’apprêtait à prendre le pouvoir, et à devenir le Président qui sauvera la France ?

Pour son premier roman, Martin Mongin signe un livre vertigineux. Un roman composé de onze récits enlevés, onze voix qui lorgnent tour à tour vers le roman policier, le fantastique, le journal intime ou encore le thriller politique, au fil d’une enquête paranoïaque sur l’insaisissable Francis Rissin. Avec une maîtrise rare, Martin Mongin tisse sa toile comme un piège qui se referme sur le lecteur, au cœur de cette zone floue où réalité et fiction s’entremêlent.

Autant marqué par l’art de Lovecraft, de Borges ou de Bolaño que par la pensée de La Boétie ou d’Alain Badiou, Francis Rissin est un premier roman inventif et inattendu, au propos profondément politique.
Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Chaque année, j'attends avec impatience le grand livre qui sublimera mon année littéraire, celui qui me laissera un souvenir exalté pour le restant de mes jours. L'année n'est pas finie, certes, mais il semblerait bien qu'en 2019, ce soit Francis Rissin qui remporte la palme. (Est-il besoin de préciser que de facto, il rentre directement dans ma bibliothèque idéale?)
J'ai lu des tas d'excellents romans en 2019, notamment Dans les bagnes du tsar ou Mémorial, mais il s'agissait pour l'un d'un classique yiddish et pour l'autre d'une sortie en poche. Dans le cas de Francis Rissin, nous avons affaire à un premier roman tout frais, une œuvre colossale, multiforme, pluridisciplinaire, polyphonique. C'est bien simple, ces 600 pages renferment plusieurs romans en un seul. Tous parlent de Francis Rissin, mais en fin de compte, il ne suffit pas d'épiloguer sur le bonhomme pour le cerner. Le personnage a-t-il seulement jamais existé? A vous de voir.
La construction, le propos, le style sont brillantissimes. Je n'ose même pas imaginer le courage, l'acharnement et l'abnégation de l'auteur pour écrire un tel texte. On continuerait volontiers à tourner des pages s'il y en avait d'autres à tourner. Addictif! Eblouissant! Bravo, Monsieur Martin Mongin!

4 commentaires:

  1. Oh! 5 coeurs... Je vois! C'est carrément noté. D'autant plus qu'avec les éditions Tusitala, je suis rarement déçue.

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    1. Tu peux y aller les yeux fermés - mais ce sera quand même plus pratique si tu les ouvres ! ^^

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  2. J'arrive du bilan mensuel d'octobre de Marie-Claude, curieuse de ce titre que vous évoquez et dont je n'ai même pas entendu parler. Je viens de lire ton billet, ton enthousiasme et le sujet me donnent une irrésistible envie de découvrir ce roman ! Je le note :) merci pour la découverte !

    Hélène (du blog Lettres d'Irlande et d'Ailleurs)

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    1. Merci, Hélène, pour cette réaction. L'année s'achevant, je peux quasiment certifier que ce sera mon coup de cœur 2019. Il est dans la sélection du prix de la SGDL.

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