dimanche 6 novembre 2016

L'archipel d'une autre vie

L'archipel d'une autre vie, par Andreï Makine, Le Seuil, 288 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire…
Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?
C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée.
La chasse prend une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.
Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits en plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (prix RTL-Lire 2001), et plus récemment Une femme aimée. Il a été élu à l’Académie française en 2016.

Ma cote d'amour: ***** J'aime
En un mot pour une amie: dépaysant

samedi 5 novembre 2016

Je ne serai plus gaucher

Je ne serai plus gaucher, par Arnaud Tiercelin, éditions Bulles de Savon, 64 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Un jour où Lubin est au tableau pour résoudre un problème de maths, la maïtresse découvre qu’ il est gaucher. Elle ne s’ en était pas aperçue.
Le garçon comprend qu’ il est le seul gaucher de la classe, mais il se dit qu’ il y a aussi des gauchers célèbres dans le monde : Rafael Nadal, Lionel Messi et même Barack Obama. Comment ont-ils fait, eux, pour résister aux droitiers ? Lubin va essayer de leur ressembler, mais ce n’est pas facile. Et est-ce bien utile ?
Une histoire attachante pour les enfants qui commencent à lire tout seuls, droitiers et gauchers.

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste

En quelques mots pour une amie: une écriture actuelle, un style dynamique

mercredi 2 novembre 2016

Happy-End

Happy-End, par Anne Loyer, Alice jeunesse, collection le chapelier fou, 64 pages

Résumé:

Lui, c'est Tom, un esprit d'enfant dans un corps d'adulte. Elle, c'est Béa, la nouvelle voisine. Tom vit avec sa maman. Le soir, elle lui lit des contes de fée pour que ses rêves soient peuplés de chevaliers. Béa vit avec son père et semble très malheureuse. Elle est encore plus belle que les princesses des contes de fée. Alors Tom se doit d'être encore plus brave que les chevaliers. Il sera là pour Béa, pour l'écouter, pour l'aimer, pour la secourir même, s'il faut. 

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste
En un mot pour une amie: touchée!

mardi 1 novembre 2016

Les enfants Tanner

Les enfants Tanner, par Robert Walser, Folio

Extrait:

«De tous les endroits où j'ai été, poursuivit le jeune homme, je suis parti très vite, parce que je n'ai pas eu envie de croupir à mon âge dans une étroite et stupide vie de bureau, même si les bureaux en question étaient de l'avis de tout le monde ce qu'il y avait de plus relevé dans le genre, des bureaux de banque par exemple. Cela dit, on ne m'a jamais chassé de nulle part, c'est toujours moi qui suis parti, par pur plaisir de partir, en quittant des emplois et des postes où l'on pouvait faire carrière, et le diable sait quoi, mais qui m'auraient tué si j'étais resté. Partout où je suis passé, on a toujours regretté mon départ, blâmé ma décision, on m'a aussi prédit un sombre avenir, mais toujours on a eu le geste de me souhaiter bonne chance pour le reste de ma carrière.»

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste
En quelques mots pour une amie: cette écriture est comme un torrent dévalant la montagne.

lundi 24 octobre 2016

Station Eleven

Station Eleven, par Emily St. John Mandel, Rivages, 480 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Dans un monde où la civilisation s’est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu de la désolation.
Le roman événement de la rentrée littéraire, finaliste du National Book Award aux Etats-Unis, qui fera date dans l'histoire de la littérature d'anticipation.

500 000 exemplaires vendus en Amérique du Nord, 150 000 dans les îles Britanniques.

« Profondément mélancolique, mais magnifiquement écrit, et merveilleusement élégiaque. » George R. R. Martin

 « Mandel est capable de faire ressentir l’intense émotion d’existences fauchées par une époque terrible. » The New York Times

Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

En quelques mots pour une amie: prenante et bien ficelée

samedi 22 octobre 2016

Lucie ou la vocation

Lucie ou la vocation, par Maëlle Guillaud, éditions Héloïse d'Ormesson, 199 pages

Lucie est amoureuse. Éperdument. Mais pour imposer celui qu’elle a choisi, elle va devoir se battre. Ne pas céder face aux larmes de sa mère, à l'incompréhension de sa grand-mère, et à la colère de Juliette, sa meilleure amie. Malgré les humiliations quotidiennes, les renoncements, l'isolement et l’ascèse. Elle résiste et rêve d'absolu. Un jour pourtant, le sacrifice qu'elle a durement payé est violemment ébranlé par la découverte d’un secret. S'est-elle fourvoyée ou est-elle victime d’une manipulation?

Avec une sensibilité et une justesse infinie, L. ou la vocation nous entraîne dans les coulisses d'un monde fermé, soumis aux règles impénétrables d’une congrégation vouée au divin. Subtilement le roman dévoile ce processus d’abnégation jusqu’à ce que le doute s’immisce. Une histoire en étroite résonance avec nos problématiques sociétales, et qui permet peut-être de saisir avec plus d'acuité la violence que le sacrifice impose et surtout sa puissance à tout exiger de vous. Née en 1974, Maëlle Guillaud est éditrice. L. ou la vocation est son premier roman.

La première page, sur le site de l'éditeur:

La ville pullule de touristes aux tenues criardes et au regard de bête traquée. C’est à ça qu’on les reconnaît, à cette étrange crainte qui les habite, loin de leurs bases, se dit Lucie. La jeune femme gravit les marches d’un pas léger. Elle emprunte la ruelle qui contourne la basilique. Au bout, une grille s’ouvre sur une cour pavée nimbée de lumière. Depuis plusieurs mois, elle vient ici en secret avec Mathilde. Son amie est différente des autres élèves de la khâgne. Elle a tout vu, tout vécu, même la rue. Et à dix-neuf ans à peine, elle a étudié la théologie. Mathilde se glisse dans d’autres sphères, quand Lucie cherche encore quel sens donner à sa vie. Longtemps, elle a rêvé de passion fusionnelle et de brillante carrière, comme celle de son père. Depuis peu, elle n’a que des doutes. Lucie pousse la porte. Ici, elle est à l’abri du bruit et de la poussière de la rue. Ici, l’amour l’enivre, même si elle ignore les effets de l’ivresse. Elle est portée par une force plus grande qu’elle, douce et enveloppante. Quand elle en a parlé à Mathilde, cette dernière a souri. Il suffit, d’après Mathilde, d’accepter que cette vague d’amour vous submerge. Lucie aperçoit son amie, les cheveux bruns tirés en queue-de-cheval serrée, qui est assise un peu plus loin. Elle la rejoint et lui serre discrètement le bras en saluant d’un sourire les femmes qui l’entourent. Toutes ferment les yeux. Autour d’elle, tout n’est qu’amour. À cet instant, elle est sereine.

Ma cote d'amour: ***** J'aime
En un mot pour une amie: glaçant/grinçant

samedi 15 octobre 2016

Un dangereux plaisir

Un dangereux plaisir, par François Vallejo, Viviane Hamy, 320 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

À l’origine d’un roman, il y a toujours pour moi un croisement secret entre quelques détails de ma vie la plus intime, le goût du mythe le plus universel et la traversée du temps historique. Pour Un dangereux plaisir, où l’on mange et cuisine à tout va, l’affaire personnelle touche à l’enfance : j’ai été un de ces enfants pour qui la nourriture a longtemps été problématique ; une tarte aux fraises surgie dans la main d’une inconnue me révèle le plaisir de dévorer : la scène fondatrice se retrouve dans le livre, elle est vraie. Plus tard, une tante m’initie à l’art du fumet de poisson et fait de moi un amateur de préparations culinaires à la fois ordonnées et fantaisistes. François Vallejo
En dépit de la nourriture que ses parents lui imposent et qu’il rejette avec constance, Élie Élian s’attarde à l’arrière du restaurant qui s’est ouvert dans son quartier. Les gestes qu’il observe, les effluves dont il se délecte sont une révélation : il sera chef-cuisinier. Son passage dans l’établissement de la veuve Maudor sera déterminant. Elle l’initie à l’amour fou et lui offre d’exercer son incroyable génie culinaire. Puis ses errances dans un Paris en proie aux émeutes le mèneront jusqu’au Trapèze, le restaurant où son destin de magicien des sens, des goûts et des saveurs s’accomplira.
Après Ouest – finaliste du Goncourt 2006, et lauréat du prix du Livre Inter 2007 –, Métamorphoses etFleur et Sang, l’écrivain continue, comme son personnage, à attraper la vie qui passe, « mais avec délicatesse », et à se réinventer en toute originalité.

Ma cote d'amour: ***** J'aime
En un mot pour une amie: écriture délicieuse