Aharon Appelfeld, L'oliver, 256 pages
Traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
De quoi s'agit-il:
Aharon Appelfeld, L'oliver, 256 pages
Traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
De quoi s'agit-il:
Yonatan Sagiv, 432 pages, L'antilope
Traduit de l'hébreu par Jean-Luc Allouche
De quoi s'agit-il?
Dans ce deuxième volet des aventures policières d’Oded Hefer, le détective privé assume toujours sa vie de gay tel-avivien avec intelligence, humour et autodérision. Il fait pénétrer le lecteur dans un établissement pour personnes âgées avec tout ce que cela comporte de charge émotionnelle, dans un pays constitué de tant de gens venus d’ailleurs.
Spontanément, je dirais:
Hormis les enquêtes orchestrées par Dror Mishani, je ne lis quasiment pas de littérature policière.
La découverte de Secret de Polichinelle, le premier opus des aventures d'Oded Hefer, m'avait quelque peu déstabilisée, principalement à cause du style: abondance d'adjectifs, de superlatifs, de comparatifs - et bien d'autres réjouissances en if. Passé le moment de stupeur stylistique, je résumerais le livre ainsi: jouissif !
Aussi ai-je été heureuse de replonger dans ce marathon de mots, avec ses personnages interlopes et ses situations improbables, à la suite d'Oded Hefer, détective haut en couleur, et pour dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, j'ai encore plus apprécié ce deuxième volet. La forme, j'y reviens, est brillante - le traducteur ne l'est pas moins ! - et le fond, une sacrée claque. Mais chut !... Le silence est d'or et je ne peux que vous encourager à découvrir ce qui se trame par vous-mêmes.
Aharon Appelfeld, 336 pages, Points
traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
Présentation:
Après son évasion d'un camp, le jeune et intrépide Edmund s'est réfugié auprès d'un groupe de partisans. Ces résistants juifs survivent en territoire occupé. Organisés autour de leur chef Kamil et de la vieille Tsirel, ils sont bien davantage que des âmes en sursis. Ils tendent des embuscades aux Allemands, font dérailler leurs trains, et entretiennent l'espoir grâce à la prière et à la fraternité…
Spontanément, je dirais…
Encore une fois, Aharon Appelfeld façonne des personnages inoubliables. Pendant la seconde guerre mondiale, une communauté juive se reconstitue dans les bois et lutte pour sa survie. En s'interrogeant sur ses traditions, chaque partisan sauvegarde sa part d'humanité. Puissant et magnifique.
Un livre dans lequel j'ai encore beaucoup à creuser et que je relirai avec plaisir et émotion.
Samuel Joseph Agnon, Gallimard, 120 pages
Traduit de l'hébreu par Laurent Schuman
De quoi s'agit-il?
La jeune Tirtza a vu sa mère Léa brûler une liasse de lettres, peu de temps avant sa mort, « à la fleur de l'âge ». Inconsolable, Tirtza cherche à comprendre le destin de sa mère, sa mélancolie, sa mort prématurée, et le mystère des lettres. Elle se tourne alors vers Mintchy, la meilleure amie de sa mère, et petit à petit, une autre histoire surgit : celle de l'amour de Léa pour Akavia Mazel, intellectuel viennois échoué dans cette bourgade aux confins de l'Empire austro-hongrois, à qui le père de Léa a refusé la main de sa fille. Derrière l'apparente simplicité des mots d'une jeune fille endeuillée, À la f1eur de l'âge s'impose comme un livre inoubliable sur l'amour et la souffrance humaine, alliant une réflexion sur le destin et le conflit entre tradition et modernité à une langue d'une grande beauté, puisée aux sources bibliques. À la fleur de l'âge est assurément un joyau légué à la littérature mondiale.
Spontanément, je dirais :
Suite à la lecture d'Histoire d'une vie dans lequel il est mentionné, j'ai eu envie de lire ce court roman. Je n'avais jamais lu cet auteur, pourtant prix Nobel de littérature. J'ai beaucoup aimé sa façon discrète d'aller à l'essentiel.
Aharon Appelfeld, 240 pages, bibliothèque de l'olivier
traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
De quoi s'agit-il?
Commentaire établi pour le cercle littéraire du CCJ de Montpellier:
Lire un livre d’Aharon Appelfeld,
c’est plonger dans une musicalité particulière qui va droit au cœur. Dans le
cadre de notre atelier littéraire, j’ai parcouru Histoire d’une vie pour la 3ème
fois, mais pour l’occasion, j’avais acquis une version tout juste parue. Dans
cette version révisée par sa traductrice, Valérie Zenatti, des mots, des
tournures de phrases apparaissent différentes, donnant un éclairage parfois
nouveau au texte, soulignant, lors d’une lecture comparée, l’importance de la
traduction dans la transmission.
Lors de cette lecture, j’ai
encore une fois été touchée par la vulnérabilité de l’enfance traversée par la
guerre. Bien que cette fois, il nous parle de sa propre vie, Ahahron Appelfeld
émaille son récit de souvenirs d’enfants croisés au hasard, des enfants que des
inconnus aidaient d’un morceau de pain ou d’un manteau – une condition
nécessaire, mais hélas pas suffisante pour s’en sortir pendant cette terrible
période.
J’ai aussi été frappée par
l’importance de la nature dans la vie de l’auteur, et par la relation intime
qu’il a nouée très tôt avec elle. Il faut dire qu’en l’absence de parents à un
âge où les apprentissages fondamentaux se font, la vie dans les bois n’a pu que
laisser une empreinte durable.
Enfin, je parlerai de cette
grande sidération qui est la mienne à chaque fois que je lis ces lignes (pages
120 et 121 de l’édition 2021) : « En quelques semaines, l’enfant de
sept ans entouré de chaleur et d’un immense amour devint un orphelin de mère
abandonné dans le ghetto, traîné par la suite avec son père dans une marche
forcée à travers les plaines d’Ukraine, au milieu des agonisants et des morts
étendus sur les bas-côtés de la route, trottant avec ses dernières forces
auprès de ceux, peu nombreux, qui marchaient encore. »
Il y aurait encore tant à dire
sur l’écriture et sur la langue, deux thèmes dont la construction et la
déconstruction sont au cœur du livre et de la vie de l’auteur - et qui ont bien
occupé nos débats ! Une chose est sûre, l’œuvre est foisonnante et chacun
peut y trouver son bonheur de lecteur.
Benny Mer, L'antilope, 336 pages
De quoi est-il question?
Spontanément, je dirais…
Avec ce livre que j'attendais avec impatience, j'ai tenté une expérience nouvelle : au lieu de l'engloutir, comme je le fais habituellement des ouvrages dont le sujet m'est cher, je l'ai laissé infuser en me forçant à n'en lire que quelques passages par jour, passages auxquels j'ai réfléchi profondément. Cette technique, qui consiste à manduquer le contenu d'une œuvre, est la même que celle employée par les religieux pour s'imprégner des textes sacrés. Elle m'a permis de laisser venir à moi l'atmosphère de la rue Smotshè. Parfois, j'ai eu l'impression fugace que des odeurs ou des bruits flottaient autour de moi comme autant de fantômes d'un temps révolu. Une formidable immersion permise par le gigantesque travail de recherche entrepris par Benny Mer. Merci à lui pour cette expérience transcendantale.