mercredi 17 août 2016

Les dents de la nuit

Les dents de la nuit, petite anthologie "vampirique", nouvelles réunies et présentées par Sarah Cohen-Scali, Le livre de poche jeunesse, 256 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

« Vous ne buvez pas ? – Je ne bois pas… de vin. » Cette réplique, anodine en apparence, est extraite de Dracula et pourrait constituer, à elle seule, une nouvelle sur le thème du vampirisme ! Elle donne le ton de cette anthologie, organisée en deux parties : – "les classiques", où figurent les nouvelles antérieures à 1897, celles de Théophile Gautier, Alexandre Dumas, Tolstoï, Maupassant, et, un peu plus proche de nous, R. L. Stevenson, où le vampire revêt une dimension romantique qui atténue sa cruauté – du moins aux yeux d’un lecteur actuel. Les vampires contemporains et "les modernes". – les "contemporains" : Stoker, Matheson, Bloch, Bradbury et l’incontournable Stephen King, dont les vampires font une incursion dans notre quotidien et génèrent par là même davantage de peur et d’angoisse.
Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste

mardi 16 août 2016

Les Ferrailleurs, tome 1: Le château

Les Ferrailleurs, tome 1: Le château, par Edward Carey, Le livre de Poche, 480 pages

Ce qu'en disent les éditions Grasset:

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…
Premier tome d’une trilogie superbement illustrée par l’auteur, Le Château nous plonge dans un univers pareil à nul autre, fantasmagorique et inquiétant, gothique et enchanteur. Edward Carey y révèle des talents de conteur, de dessinateur et de magicien qui font de lui le fils spirituel de Tim Burton et de Charles Dickens.

Ma cote d'amour: ***** Bibliothèque idéale

samedi 6 août 2016

Mon petit cœur imbécile

Mon petit cœur imbécile, par Xavier-Laurent Petit, l'école des loisirs, 134 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Toudoum… Toudoum… Chaque matin, Sisanda commence par compter les battements de son coeur et le nombre de jours qu’elle a vécus depuis sa naissance.
Puis, elle regarde sa mère se glisser hors de la case pour aller courir dans les collines : Maswala, sa Mamantilope, cavale pour le plaisir pendant des heures, pieds nus, là où même les bergers ne vont pas avec leurs troupeaux.
Sisanda, elle, ne peut pas courir. Ni sauter, ni jouer avec les autres, ni rien, à cause de son petit coeur imbécile et de sa maladie idiote. Le médecin lui a dit qu’elle avait beaucoup de chance d’être encore en vie. Vraiment beaucoup. Ici, il ne peut rien faire, il faudrait opérer Sisanda dans un hôpital spécialisé à l’étranger. Et ça coûte cher… Un million de kels ! Elle a compté qu’il faudrait à ses parents trente-huit ans, trois mois et vingt jours pour réunir autant d’argent…
Mais tous ces calculs sont faussés lorsqu’elle découvre que Maswala pourrait gagner la même somme en courant aussi vite qu’une antilope…

Il y a souvent une histoire vraie à l’origine d’un roman de Xavier-Laurent Petit. Ce dévoreur de journaux a découvert l’existence de Chemokil Chilapong dans un article de Courrier international qui racontait comment cette simple fermière avait pu financer la scolarité de ses enfants grâce à sa victoire au marathon de Nairobi. Il n’en fallait pas plus pour que son imagination s’emballe et nous entraîne dans les foulées de Maswala, la mamantilope d’une petite fille au coeur malade…
Thèmes : Afrique (Continent africain) - Conditions sociales - Exploit sportif - Maladie - Mère ( relation avec la )
Ma cote d'amour: ***** J'aime

Nanouk et moi

Nanouk et moi, par Florence Seyvos, l'école des loisirs, 112 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Thomas a rendez-vous avec le docteur Zblod qui ne l’ausculte pas, ne regarde ni sa gorge ni ses oreilles.
Ce n’est pas ce genre de docteur.
C’est un spécialiste des angoisses et des cauchemars.
On peut lui dire tout ce qui nous passe par la tête, a dit maman. Thomas craint que cette phrase n’agisse comme une malédiction, et que n’importe quoi, absolument n’importe quoi lui passe par la tête.
« – Les cauchemars que tu fais le jour, est-ce que ce sont toujours les mêmes ? a demandé le docteur.
– Il y en a plusieurs sortes. Mais il y en a un qui revient plus souvent que les autres.
– Est-ce que je peux te demander de quel cauchemar il s’agit, si ce n’est pas indiscret ?
C’était un moment important, parce que j’allais prononcer le nom qui compte le plus dans ma vie. »
Le nom qui compte le plus dans la vie de Thomas, depuis qu’il a vu le film, c’est celui de Nanouk l’Eskimo.
Thèmes : Cinéma - Mort / Deuil - Psy - Inuit / Esquimau

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste

jeudi 4 août 2016

Toi Vénusienne, moi Martien

Toi Vénusienne, moi Martien, par Anne Loyer, illustré par Elis Wilk, roman, A pas de loups, 52 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Gaspard fait une deuxième rentrée
en CM2. Ses parents viennent de
déménager en cours d'année et il
n'est pas franchement ravi. Mais, dans
la cour, il fait la connaissance de Lin,
fraîchement arrivée elle aussi. Elle lui
dit venir de Vénus. Cela tombe bien,
lui vient de Mars.

Ma cote d'amour: *****très enthousiaste

Je suis chocolat !

Je suis chocolat ! par Bénédicte Rivière, Les petites moustaches, roman à partir de 9 ans, 116 pages

L'avis de Ricochet:

A la fin du XIX° siècle, dans la grande île de Cuba, Rafael, un jeune garçon vit comme un sauvageon avec les copains de son âge. Il plonge, il nage, il chahute avec les uns et les autres en toute innocence, jusqu’à ce qu’il soit projeté de force dans un bateau qui aborde à Bilbao. La vieille Jaba qui a ainsi mené la transaction l’a-t-elle fait pour lui épargner l’esclavage ? On imagine l’angoisse et la solitude de l’enfant mais à bord, il apprivoise une mouette Habana. Aidé par cette compagne singulière et comme l’anguille, ses animaux totémiques, il apprend à survivre loin de chez lui. Son agilité naturelle et sa vaillance le poussent à danser. De rencontre en rencontre, il est engagé dans un cirque d’abord comme garçon de piste. Peu à peu, ses talents comiques éclatent et il va vivre une expérience internationale de clown. Avec le début du XX° siècle dans la grande tradition du cirque, Chocolat, puisque Rafael est noir, va connaître la gloire. Aux côtés de Footit, le clown blanc, Rafael est le souffre-douleur celui dont on rit.

Sans être véritablement un roman historique, Chocolat relate la trajectoire réelle de ce premier artiste noir à s’illustrer en France sur scène. On vit l’histoire à travers le regard et la parole de Chocolat. Roman à la première personne, son trajet très exceptionnel est l’occasion de connaissances géographiques, historiques et sociales rassemblées sans lourdeur. On voit le Paris de Toulouse-Lautrec et l’avènement de la Tour Eiffel. On assiste aux joies du spectacle mais aussi aux zones d’ombre : Chocolat est ainsi nommé par dérision, et nous éprouvons avec lui le racisme des regards et des actes qui l’anéantissent. Sans misérabilisme, et avec un sens des personnages, Bénédicte Rivière, trace un portrait attachant de ceux qui l’entourent : Marie, son amie de cœur, Suzanne, Eugène, les enfants. L’auteur donne à voir toute une époque. 

En écho au film qui est lui aussi consacré à Chocolat, les enfants pourront aimer le retrouver entre ces pages sensibles et bien écrites.

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste

mercredi 3 août 2016

Illska

Illska, par Eirikur Örn Norddahl, Métaillé, sorti le 20/08/2015, 608 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays. L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrière-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre – et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet. Illska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor. Dans un jeu vertigineux, Norđdahl interroge le fascisme et ses avatars contemporains avec une étonnante maîtrise de la narration. Illska est un livre surprenant et immense écrit par un homme jeune, mais appelé à devenir un grand, sans doute un très grand écrivain.

Ma cote d'amour: ***** J'aime

En un mot à une amie: Foisonnant