Affichage des articles dont le libellé est Roman italien. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Roman italien. Afficher tous les articles

dimanche 6 septembre 2020

Océan Mer

 

Alessandro Baricco, Folio, 288 pages


Résumé:

Au bord de l'océan, à la pension Almayer, «posée sur la corniche ultime du monde», se croisent sept personnages au destin étrange et romanesque, sept naufragés de la vie qui tentent de recoller les morceaux de leur existence. Mais leur séjour est bouleversé par le souvenir d'un hallucinant naufrage d'un siècle passé et la sanglante dérive d'un radeau. Et toujours, la mer, capricieuse et fascinante...Avec une époustouflante maîtrise, Alessandro Baricco nous offre à la fois un roman à suspense, un livre d'aventures, une méditation philosophique et un poème en prose.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️

Commentaire spontané: Malheureusement, les circonstances ont fait que j'ai été dans l'incapacité de lire ce livre avec assez de concentration pour en savourer sa construction. Je crois que je suis passée à côté de quelque chose. Dommage. 

jeudi 2 juillet 2020

Le détour

 Luce d'Eramo, Le tripode, 419 pages

Présentation de l'éditeur:

"Peut-être un chef-d'œuvre absolu" selon Goliarda Sapienza, un nouveau classique à ranger aux côtés des livres de Charlotte Delbo et de Ruth Klüger.
Le destin stupéfiant d'une adolescente idéaliste faisant volontairement l'expérience des camps nazis.
Publié pour la première fois en 1979, Le Détour est le fruit de vingt-cinq années d'écriture. Il relate le parcours de Luce d'Eramo qui, élevée dans une famille de dignitaires fascistes, partit de son propre chef en Allemagne en 1944 pour intégrer un Lager, un camp de travail nazi. S'il demeure méconnu en France, Le Détour rencontra immédiatement en Italie un immense succès et connaît depuis quelques années une nouvelle vague de traductions dans le monde entier. La force et l'acuité de ce texte – qui traque aussi sans complaisance les travestissements de la mémoire – le rattachent de fait aux plus grands témoignages de femmes sur l'expérience des camps, tels ceux de Charlotte Delbo et de Ruth Klüger.
Nous devons la découverte de ce livre à ce passage des Carnets de Goliarda Sapienza : " Fini de lire Le Détour de Luce d'Eramo, assurément le plus beau livre de ces dix dernières années et peut-être un chef-d'œuvre absolu ; cela m'obligera à relire Si c'est un homme et Le Dernier des Justes, pour vérifier ce que je soupçonne. C'est-à-dire que le livre de Luce est le plus actuel sur ce sujet, le plus durement approfondi dans la démonstration de l'aventure nazie, le plus polémique et courageux. "
L'originalité du Détour tient de fait à ce que vécut Luce d'Eramo durant la Deuxième Guerre mondiale mais aussi au difficile processus de remémoration dans lequel elle s'engagea par la suite, et dont le livre témoigne. Les textes qui composent ce récit ont été écrits successivement en 1953, 1954, 1961, 1975 et 1977. Ils sont présentés dans l'ordre chronologique de leur rédaction, et non dans celui des événements qu'ils décrivent. La confusion qui en découle parfois répond à celle que connut Luce d'Eramo, aux esquives de sa mémoire et aux détours qu'elle emprunta avant de retrouver la cohérence de son histoire.
À sa publication en Italie, en 1979, le livre rencontra des centaines de milliers de lecteurs. En se plongeant dans ce texte, il revient au lecteur francophone de vivre à son tour – au-delà de l'histoire stupéfiante d'une adolescente idéaliste faisant volontairement l'expérience des camps nazis – l'expérience d'une femme en quête de sa vérité.



Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️
Commentaire spontané: 
Ecrites à des années d'écart, les différentes parties de ce long témoignage n'ont pas résonné en moi de la même façon. Ainsi, j'ai lu comme sous hypnose Sous les pierres et Arrivée dans le Troisième Reich, qui sont les deux parties centrales. En revanche, la première partie (Evasion des lager) a mobilisé toutes mes connaissances de l'univers concentrationnaire et de la mécanique nazie, car de nombreux points sont passés sous silence. L'auteure ne nous tient pas la main pour nous expliquer de quoi il retourne, c'est le moins que l'on puisse dire. Tout est haché, on a l'impression de sauter du coq à l'âne. En tant que lectrice, je me suis sentie comme une boule de flipper: bousculée et désorientée. L'auteure, qui a expérimenté dans sa chair cette désorientation, en rend-elle compte dans son écriture, même inconsciemment? Si l'on en croit la dernière partie, La distorsion, il semble judicieux d'envisager les choses ainsi. Concernant La distorsion, si j'y ai trouvé matière à bien des réflexions passionnantes (notamment sur la sélection inconsciente des souvenirs - mettre en lumière tel souvenir, délaissant tout autre peu flatteur dans les limbes de la mémoire), j'avoue que c'est celle qui m'a le moins séduite.
De manière générale, ce témoignage est exceptionnel, tant par le fond que par la forme inédite qu'il a pris.

samedi 20 juin 2020

La jumelle H


Giorgio Falco, Verdier, 384 pages


Présentation de l'éditeur:

Par les voix alternées des sœurs jumelles Hilde et Helga le roman évoque la vie d'une famille allemande depuis le Troisième Reich jusqu'aux années 2000.
Hans Hinner, le père des jumelles, est un nazi bon teint : après une vie bonhomme et productive sous le Reich (journaliste il collabore activement à l'idéologie hitlérienne), il quitte l'Allemagne de l'après-guerre pour reprendre sur les côtes italiennes de Romagne une petite pension de famille qu'il rendra florissante. Ce n'est pas un monstre, sinon banal, qui s'installe à Milano Marittima, mais un homme gris, comme les uniformes de la terreur, comme la plage qui s'étend jusqu'à la mer, comme la mer qui s'étend jusqu'à l'horizon, comme les vies que rien ne distingue.
Comment, alors, vivre une histoire en son nom propre ?
Hilde et Helga tentent chacune à sa manière de se dégager, d'écrire sa propre histoire, mais un H les rattrape dont l'ombre portée les précède et les suit ; le H de l'histoire.

La Jumelle H est le premier roman de Giorgio Falco traduit en français.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: 
Je suis entrée très facilement dans l'univers de Giorgio Falco. Pourtant ce pavé avait de quoi rafraîchir mes ardeurs, car actuellement au travail, je suis accaparée par de nombreux projets qui macèrent dans mon esprit  largement hors des heures de bureau!
Mais j'avoue que la vie d'une famille "ordinairement nazie" m'a intéressée au plus haut point, et que la façon dont l'auteur a mené l'histoire m'a convaincue. Etre dans le mauvais camp et s'en sortir… Que faire de ce passé? Quelles conséquences pour la génération suivante? Autant de questions abordées dans ce très beau livre pas loin du coup de cœur.

lundi 8 juin 2020

Trois fois dès l'aube

Alessandro Baricco, Folio, 128 pages

Présentation de l'éditeur:
«C'était un hôtel, d'un charme un peu suranné qui avait su probablement, par le passé, tenir certaines promesses de luxe et de raffinement. Il avait une belle porte à tambour en bois, un détail toujours propice aux fantasmes. C'est par là qu'une femme entra.» Deux personnages se rencontrent à trois reprises dans un hôtel, jusqu'à ce que l'aube se lève et avec elle, la promesse d'un nouveau départ. Un homme se confie à une femme plus âgée que lui, un portier aide une jeune femme à s'affranchir de son passé et une inspectrice de police cherche à protéger un orphelin. Habilement enchevêtrées, ces histoires donnent à voir l'étendue des talents d'Alessandro Baricco. D'autant plus que le titre n'est pas sans rappeler celui d'un livre mentionné dans son dernier roman¿ Mr Gwyn.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Trois histoires qui se répondent, trois histoires où les héros sont sur le point de basculer grâce à une rencontre dans un hôtel. Franchement, jusqu'ici je n'avais jamais envisagé les hôtels comme des lieux de renaissance ou de rédemption.
Encore une fois, l'auteur nous engage dans l'une de ses expériences littéraires. On ne sait jamais où ça va nous mener, ce qui va advenir des personnages, de nous - de notre foi en notre sagacité! A ce propos, la chute de la première histoire m'a complètement bluffée. Je n'ai rien vu venir!

dimanche 7 juin 2020

Mr Gwyn

Alessandro Baricco, Folio, 224 pages

Présentation de l'éditeur:

- Je crois que j'aimerais être copiste. - Cela consiste à copier des choses, non ? - Probablement. - Mais pas des actes notariés ou des chiffres, je vous prie. - J'essaierai d'éviter. - Essayez de voir si vous ne pouvez pas par exemple copier les gens. - Oui.- Tels qu'ils sont. - Oui. - Vous y arriverez très bien. Qu'est-ce qu'un artiste ? Alessandro Baricco nous invite à suivre le parcours de Mr Gwyn, entre badinage et aventures cocasses. Un roman intrigant et brillant.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Les héros d'Alessandro Baricco évoluent toujours dans un univers un peu étrange et fantasque. C'est le cas de Mr Gwyn, créateur hors-norme dont le génie créatif repousse les frontières de la fiction littéraire.
A chaque fois, je suis agréablement surprise de voir combien Alessandro Baricco sait tricoter des histoires qui nous vont, car chacun peut y trouver des réponses à ses questions existentielles.
Pour une meilleure mise en perspective, je vais enchaîner cette lecture par Trois fois dès l'aube, un roman dont il est question à la fin de cet ouvrage.

dimanche 5 avril 2020

Novecento: pianiste

Alessandro Baricco, Folio, 96 pages

Présentation de l'éditeur:

«On me mettrait la tête en bas que rien ne sortirait de mes poches, même ma trompette, je l'ai vendue, j'ai tout vendu, quoi, mais cette histoire-là¿ non, cette histoire-là je ne l'ai pas perdue, elle est toujours là, limpide et inexplicable, comme seule la musique pouvait l'être quand elle était jouée, au beau milieu de l'Océan, par le piano magique de Danny Boodmann T. D. Novecento.» Né lors d'une traversée, Novecento n'a jamais mis le pied à terre. Il passe sa vie sur l'Atlantique les mains posées sur un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui : celle de l'Océan.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Relecture.
Lu il y a quelques années, ce texte ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable. Autres temps, autres circonstances, j'ai tenté l'expérience de le relire pour voir si ma perception s'en trouvait modifiée. J'ai été agréablement surprise par cette redécouverte. Je me suis imprégnée de thèmes qui m'avaient échappé à l'époque: le bateau, loin d'être un enfermement, un piège, représente un cocon, un havre de paix, la possibilité d'une vie lisible en offrant au pianiste des conditions idéales d'épanouissement artistique. Le monde, par opposition, est opprimant, car trop vaste, trop encombré de choix impossibles. Une idée de relecture gagnante !

samedi 4 avril 2020

Emmaüs

Alessandra Baricco, Folio, 176 pages

Présentation de l'éditeur:

Quatre garçons, une fille : d'un côté, le narrateur, le Saint, Luca et Bobby, et, de l'autre, Andre. Elle est riche, belle, et elle distribue généreusement ses faveurs. Ils ont dix-huit ans comme elle, sont avant tout catholiques, fervents voire intégristes. Musiciens, ils forment un groupe qui anime les services à l'église et passent une partie de leur temps libre à assister les personnes âgées de l'hospice. Alors qu'elle incarne la luxure, Andre les fascine, ils en sont tous les quatre amoureux. La tentation est forte mais le prix à payer sera lui aussi considérable. Alessandro Baricco nous offre son récit le plus personnel, à la fois peinture de l'Italie des années 1970, roman d'apprentissage et subtile réflexion sur le réel et l'idéal.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Au début, l'histoire a l'air banale : voilà quatre ados coincés à cause de  leur foi. Et puis on comprend que cet état de fait va peser lourd dans le parcours de chacun. Je l'ai vue aussi comme l'histoire d'ados enfermés dans la confiance aveugle qu'ils portent à l'univers qu'ils ont toujours connu: ils ne se posent aucune question sur leurs parents, sur le lien qu'ils entretiennent les uns avec les autres, sur rien, finalement, acceptant leur sort sans rechigner, sauf peut-être quand il est trop tard. Cet aveuglement n'est-il pas, au fond, l'apanage de chacun de nous au moment de l'enfance?... En cela, cette histoire peut vraiment parler à tout le monde.
J'ai aimé le texte crescendo à mesure que je m'enfonçais dedans. Le sujet et son traitement sont très différents des autres livres que j'ai lus de cet auteur - plus intimiste, je trouve.