jeudi 13 octobre 2016

One lovely blog award

Pour répondre à l'invitation de Marie-Claude du blog Hop! Sous la couette, blog que je suis assidûment chaque jour, et qui me réjouit de ses trouvailles littéraires Outre-Atlantique, voici un post qui détonne dans ce blog utilisé habituellement comme répertoire de mes lectures.
De quoi s'agit-il?
De ça:
Les règles: 
1) Dire merci à celle qui nous passe le relais! (Oh, mais c'est dans mon livre sur la politesse, ça; je ne l'aurais oublié pour rien au monde!!!) Merci qui? Merci Marie-Claude!!!
2) Énoncer les règles. (Qui a déjà monté un meuble suédois comprend à quoi servent les règles... )
3) Apposer l’illustration de l'award. (Voir plus haut.)
4) Ecrire 7 faits sur mwouah, de façon très libre. (Oi, pourvu que je ne m'emmêle pas les pinceaux... Bon ben là, c'est pas gagné!)
5) Passer le relais. (Ah, ah, ça fait moins rire, d'un coup!)

Je me lance ----->
1. Plus jeune, je voulais être Marguerite Duras. Folie des grandeurs ? Non, naïveté sans fond ! J'avais 16 ans et je venais de lire L'amant. Une révélation. Pour moi, rien ne pouvait surpasser ce chef-d'oeuvre. J'avais l'impression d'avoir lu la vérité, d'avoir enfin compris quelque chose à la vie. En dehors de cette voie, point de salut! Il fallait donc faire du Marguerite Duras!!! CQFD.
2. J'ai étudié à l'université de Berlin le commerce international, une période de ma vie que j'ai adorée, car j'ai connu la chute du mur et la réunification. Là, c'est moi qui casse le mur!!!
3. Ma première voiture était une coccinelle de 1961 bleu ciel, achetée en plein hiver à Berlin. Pas de désembuage, pas de jauge à essence, rien. Au secours! Mais je suis toujours là pour en parler. ;-)
4. Quand j'ai reçu mon premier appel d'éditeur, c'était pour Une chose incroyable, exceptionnelle, extraordinaire. L'éditeur en question se nommait Paul Fustier et était à la tête de l'éditorial de Circonflexe. Il était 13h20; mes filles et moi nous apprêtions à nous rendre à l'école. Elles étaient fin prêtes, sur le seuil de notre maison, me pressant de mettre fin à la conversation. Mais moi, je n'osais pas: j'étais à la fois tétanisée et excitée comme une puce!!! Quand j'ai enfin raccroché, inutile de dire que tout le quartier a été au courant tant j'exultais - et que la grille de l'école était fermée depuis un bon quart d'heure!
5. J'ai commencé très doucement, à pas comptés, dans le monde de l'édition jeunesse. Un album par an, je trouvais que c'était déjà pas mal. J'attendais qu'une bonne idée me visite. Je pouvais donc attendre longtemps!
6. J'ai longtemps eu un sentiment d'illégitimité - je n'avais pas fait les bonnes études!!! Et puis tout a basculé à la suite de deux événements: un grave accident domestique il y a 5 ans - j'ai dévalé mes escaliers, enfoncement thoracique et traumatisme crânien. L'immobilité forcée m'a donné le temps de réfléchir à ce que je voulais devenir. Puis la rencontre avec Anne Loyer et Ingrid Chabbert lors d'un salon. Toutes deux auteurs jeunesse, elles m'ont ouvert les yeux sur les possibilités du métier, et je me suis mise au travail avec plus de rigueur et d'enthousiasme.
7. Je rêve d'écrire un roman fantastique... Mais je n'ai pas encore trouvé le temps! 

Et comme je suis une petite curieuse, je passe le relais à:

Sentez-vous libres de répondre ou pas! Je vous aimerai pareil dans les deux cas. :-)

Paradis noirs

Paradis noirs, par Pierre Jourde, Folio, 288 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Cette silhouette fantomatique, aperçue sur le quai d'une gare, est-ce bien celle de François, l'ami de jeunesse rencontré dans une école religieuse de Clermont et disparu depuis vingt ans? À partir de cette vision fugitive, la mémoire se met en marche. Qui était véritablement François? Les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence affluent, dessinant une personnalité déchirée, contradictoire, fascinante. Était-il ce garçon cruel, machiavélique, qui a poussé ses camarades à commettre un acte dont la barbarie les hante encore? Était-il cet enfant solitaire élevé par une aïeule paysanne dans une maison noire dont les images l'obsèdent? Paradis noirs est un roman sur le poids de la mémoire et de la culpabilité, sur les inguérissables blessures de l'enfance.

Ma cote d'amour: ***** Bibliothèque idéale
En un mot pour une amie: Poignant

samedi 8 octobre 2016

Éclipses japonaises

Éclipses japonaises, par Eric Faye, Seuil, 240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

En 1966, un GI américain s'évapore lors d’une patrouille dans la zone démilitarisée, entre les deux Corées.
À la fin des années 1970, sur les côtes japonaises, des hommes et des femmes, de tous âges et de tous milieux, se volatilisent. Parmi eux, une collégienne qui rentrait de son cours de badminton, un archéologue qui s'apprêtait à poster sa thèse, une future infirmière qui voulait s'acheter une glace. « Cachés par les dieux », ainsi qualifie-t-on en japonais ces disparus qui ne laissent aucune trace, pas un indice, et qui mettent en échec les enquêteurs.
En 1987, le vol 858 de la Korean Air explose en plein vol. Une des terroristes, descendue de l'avion lors d'une escale, est arrêtée. Elle s'exprime dans un japonais parfait. Pourtant, la police finit par identifier une espionne venue tout droit de Corée du Nord.
Longtemps plus tard, le lien entre ces affaires remontera à la surface, les résolvant du même coup. Par la grâce de la fiction, Éric Faye saisit l'imaginaire et la vie secrète de ces destins dévorés par un pays impénétrable et un régime ultra autoritaire.
Né en 1963, Éric Faye est l'auteur de romans, récits de voyages, essais et nouvelles. En 2010, il reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française pour Nagasaki, traduit dans une vingtaine de langues. En 2012, il est lauréat de la Villa Kujoyama à Ky?to, une expérience transcrite dans un journal, Malgré Fukushima.

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste
En un mot pour une amie: hallucinant

lundi 3 octobre 2016

Sang-de-lune

Sang-de-lune, par Charlotte Bousquet, Gluf Stream éditeur, collection Electrogène, 312 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:
Gia vit dans la peur. Celle des hommes mais aussi celle d’être déclarée souillée par les Ténèbres et risquer la lapidation.

Mais c’est la crainte de voir sa soeur bannie ou pire condamnée qui va la pousser à fuir avec elle dans l’espoir d’échapper à cette vie de femme totalement soumise, sans droit ni liberté.

La crainte de croiser la horde connue pour sa violence ou encore les noctes, ces êtres rejetés dans les bas fonds à l’extérieur de la cité, ne suffisent plus à la maintenir sous une pression dont le seul échappatoire semble être la mort.

Mais la liberté est-elle facile à conquérir après tant d’années de réclusion et d’oppression ?

Un excellent roman qui met en scène une société où les femmes sont réduites à des objets impures et jetables qui n’est pas sans évoquer celle prônée par les islamistes.

Mais au-delà de cette dimension d’actualité, l’auteur élargit notre réflexion à celle des libertés. L’éducation semble au centre de sa vigilance avec la question du rôle central des familles et de la mère.

La seconde partie du récit nous lance dans l’aventure et la survie, à la recherche d’un dernier espoir. Mais est-il encore possible de briser les chaînes  ?


Ma cote d'amour:  ***** J'aime

mercredi 21 septembre 2016

Théa pour l'éternité

Théa pour l'éternité, par Florence Hinckel, Syros, collection Soon, 224 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Théa est secrètement amoureuse de Théo, son voisin et meilleur ami d’enfance, qui lui préfère la pom-pom girl du lycée. Théa vit seule avec sa mère, une ancienne présentatrice de télévision obnubilée par le souci de paraître jeune. Théa a l’impression que le temps passe trop vite et que les promesses de l’enfance sont déjà loin. Alors, quand le professeur Jones lui propose d’être le plus jeune cobaye d'un programme visant à stopper le vieillissement, Théa se dit que c’est une chance unique qui s’offre à elle.
Un rêve qui fascine depuis toujours l’être humain : accéder à la jeunesse éternelle. Le destin hors normes d'une héroïne qui a franchi la limite interdite. Un roman déroutant d'une évidente actualité.

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste

dimanche 18 septembre 2016

Songe à la douceur

Songe à la douceur, par Clémentine Beauvais, Sarbacane, 240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur , c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaikovsky – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Ma cote d'amour: *****J'aime

lundi 12 septembre 2016

La maison dans laquelle

La maison dans la quelle, par Mariam Petrosyan, Monsieur Toussaint Louverture, 960 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d’avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l’amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l’existence, et même quand vous serez seul, ce ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s’écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l’idée de devoir la quitter.
Ensorcelante évocation de l’enfance et de l’adolescence, La Maison dans laquelle est un chant d’amour fantastique à cet âge ingrat et bienheureux, à ses exaltations et ses tragédies, au sentiment de frustration et de toute-puissance qui le traverse. Mariam Petrosyan a réussi à créer un univers bariolé, vivant et poétique, pétri de cette nostalgie et de cet émerveillement que nous avons tous au fond de nous et qui fait que, parfois, nous refusons de grandir et d’affronter la brutalité du monde qu’on appelle la réalité.
À 18 ans, Mariam Petrosyan (née en 1969 à Erevan) ébauche les personnages qui deviendront les héros d’un livre qu’elle mettra plus d’une dizaine d’années à écrire, sans jamais chercher à le faire publier : La Maison dans laquelle. Dans les années 1990, elle finit par laisser un exemplaire du manuscrit à des amis. Quinze ans plus tard, après être passé de lecteurs en lecteurs, celui-ci tombe entre les mains d’un éditeur, qui y jette un œil poli avant de le dévorer en quelques jours. Dès sa sortie, en 2009, le livre est lauréat de nombreux prix, et devient un best-seller intergénérationnel et international (250 000 exemplaires vendus en Russie, traductions en italien, polonais, danois, letton, macédonien, norvégien, espagnol et hongrois), dont la communauté de fans ne cesse de grandir. Mariam Petrosyan est aujourd’hui considérée (bien qu’elle soit toujours arménienne) comme l’une des écrivaines russes les plus novatrices. La Maison dans laquelle est son seul roman. Selon ses propres dires, elle ne l’a pas écrit ; elle y a vécu.
. . . .
« On se trouve vraiment devant un livre rare,
un de ceux qui arrivent dans les librairies
seulement une fois tous les dix ans. » — GQ
« Ces mille pages sont imprégnées
d’un charme puissant qui attire avec la force
de gravité d’un trou noir. » — Balcanica
« La composition de ce livre est,
à l’instar de l’architecture de la Maison
elle-même, antique, décrépite, mais assez fascinante
pour transformer toute personne qui pénétrera
dans son champ d’action. »  — GZT.RU

« On songe à une sorte de grand roman russe
revu et corrigé par un Stephen King mélancolique.
Laissez-vous dérouter !»
— Lire
« La Maison dans laquelle est un de ces livres-mondes
où l'on s'enfonce, où l'on se perd mais c'est précisément
en laissant vivre et divaguer des adolescents marginaux,
malmenés par le sort, que Mariam Petrosyan
réussit à capturer l'essence de cet âge intense,
furieux, propice aux sentiments et aux rêves excessifs,
parfait pour la littérature. »
— Le Monde
« Le pouvoir d’envoûtement du roman tient
à ses personnages semi-opaques, à son imagination surréelle,
et surtout à son esthétique. Elle a le don de faire de
ses personnages des amis qu’on souhaite retrouver chaque jour,
et c’est pourquoi il s’agit sans aucun doute d’un libre culte,
livre capable de générer des identifications,
des contaminations, en somme du désir. »
— Revue Hippocampe
« Un roman océan. »
— Elle
« Par son ton, sa richesse, sa profondeur,
La Maison dans laquelle rappelle que des lecteurs
adultes, ça n’existe pas, et que nous sommes tous des
adolescents, fragiles et blessés, doués du verbe qui
métamorphose, et sauteurs perpétuels d ’un
univers à l’autre. Franchissons au plus
vite le seuil de cette Maison ! »
— Bifrost
« Quel charme distillent ces quelques mille pages
enchantées et très noires, hypnotiques ! »
— Télérama
« Ébouriffant roman-monde qui appartient à la
famille des miraculés. »
— Le Magazine Littéraire
« Rarement, la brûlure de l’adolescence
aura été relatée avec un tel sens du merveilleux
et de l’effroi. On sort de ce vertigineux périple
comme les héros quittent l’enfance :
secoué et à regret.»
— Le Point
« La narration est aussi habile que les personnages
sont naïfs et attachants : le pouvoir d’envoûtement
du livre tient à ce mariage réussi. »
— Philosophie Magazine
« C’est dans ce labyrinthe aussi cauchemardesque que merveilleux que l’on suit les pérégrinations de Fumeur, l'Aveugle, Tabaqui, Larry et tant d'autres, qui constituent un vertigineux roman d'apprentissage, entre réalisme cru et onirisme outrancier, qui doit autant aux grands romans russes qu’à Lewis Carroll – difficile de ne pas songer aux aventures d’Harry Potter, aussi. Impossible de ne pas se perdre (avec quel plaisir!) dans les dédales de ce monde. Alors, tentez l'aventure. »
—Technikart
« Je vous conseille de lire La Maison dans laquelle, c’est une brique de presque mille pages, une lecture ardue et abondante, mais le chemin y est clair et lumineux, et vous en ressortirez dévastés... mais définitivement plus heureux. »
— La Dimension Fantastique
. . . .
« La puissance du livre de Mariam Petrosyan tient à l'effet d'incertitude, pour le lecteur, entre le sentiment de découvrir une oeuvre littéraire adulte, sur un microcosme désolé, où des personnages parlent et s'inventent des mythologies, pour combler le vide horrible du monde, qui tient de Beckett, de Faulkner, de Cormac McCarthy, des Strougatski, et l'impression de tenir un classique du conte initiatique pour adolescents, mâtiné de culture punk (les Rats) et gothique (les Oiseaux), entre Akira et Buffy, la Maison évoquant à la fois Gormenghast et un Poudlard abandonné. La référence à Sa majesté des Mouches surgira inévitablement, même si elle est trompeuse à mon sens: ce n'est pas une allégorie sur la cruauté enfantine et adolescente, mais sur la peur adolescente de la cruauté supérieure du dehors, du monde extérieur, du monde normal.» — Tristan Garcia
« Il y a plein d'autres trucs dingues, ici. L'adolescence est une maison, un labyrinthe, le théâtre de célébrations terrifiantes et grandioses. Mais on ne le comprend que lorsqu'on la quitte. Lorsque le temps commence à nous glisser des mains et que la “réalité” devient l'outil d'oppression ultime. Livre-monde radical, animé d'une étrangeté toute organique, La Maison dans laquelle échappe aux résumés, aux classifications et aux analyses. Il parle de tout, il accueille tout – l'aliénation, l'incertitude, le corps immense et boiteux de la jeunesse –, il vous accueille vous : c'est un refuge, un monstre, le bréviaire brûlant, des années Poutine, l'un de ces romans rarissimes capables de vous sauver de vous-même. » — Fabrice Colin
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Ma cote d'amour:  abandon (pas le temps actuellement de me concentrer sur 960 pages d'aventures)