Aharon Appelfeld, L'oliver, 256 pages
Traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
De quoi s'agit-il:
Aharon Appelfeld, L'oliver, 256 pages
Traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
De quoi s'agit-il:
Sholem-Aleikhem, L'antilope, 288 pages
Roman traduit du yiddish par Nadia Déhan-Rotschild et Evelyne Grumberg
De quoi s'agit-il?
Ce roman est l’un des grands classiques de la littérature yiddish. Des générations de Juifs d’Europe orientale et de nombreux Juifs immigrés en Europe occidentale ou en Amérique se sont identifiés à Motl. Il s’agit d’un petit bijou d’humour et de sensibilité.
Mon sentiment:
L'auteur brosse ici les joies et les désagréments de la vie d'une famille yiddish à un moment où, pour bon nombre d'entre elles, l'Amérique était le rêve à atteindre.
Je trouve l'écriture très visuelle. On s'imagine si bien les scènes que l'auteur décrit: les déboires du grand frère pour gagner de l'argent, la mère qui pleure à tout bout de champ, la famille qui court d'un comité à l'autre pour recevoir l'aide aux réfugiés, etc. Toutes ces scènes sont plantées avec un humour décalé; on est dans un film des Marx Brothers ! Cela m'a fait un bien fou.
En résumé, une histoire pleine de vie et de rebondissements contée à hauteur d'enfant qui parle à tous les âges. 😉
Nora Krug, Gallimard BD, 288 pages
Traduction: Emmanuelle Casse-Castric
De quoi s'agit-il?
Depuis longtemps, Nora Krug ressent que le simple fait d'être citoyenne allemande la relie à l'Holocauste, lui interdisant tout sentiment de fierté culturelle. Après douze ans passés aux États-Unis, et alors qu'un non-dit plane sur la participation de sa famille à la guerre, elle part à la recherche de la vérité… Entre bande dessinée et album photo, une enquête intime stupéfiante au cœur de l'Allemagne nazie.
En bref…
Une extraordinaire plongée dans les tourments d'une citoyenne allemande moderne dont les ancêtres ont traversé l'ère nazie.
Lorsque la famille est éclatée, que le récit familial laisse planer des zones d'ombre, il est légitime de se poser des questions sur le comportement de ses ancêtres pendant cette période. L'enquête que mène l'auteure est faite de rencontres, de voyages et d'archives. Ses sentiments évoluent, ses doutes aussi...
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman graphique aussi captivant !
Cecil Roth, Liana Levi, 240 pages
Traduit de l'anglais par Claude Bonnafont
De quoi s'agit-il?
Siècle des découvertes des horizons qui s’ouvrent, des épices exotiques importées d’Orient, des femmes célèbres, le XVIe siècle est aussi celui de l’intolérance et de l’Inquisition. Doña Gracia, grande dame de la Renaissance, vit cette double réalité. Issue d’une famille de marranes, elle dirige la «banque» Mendes, rivale de celle des Médicis, et doit quitter le Portugal. À Anvers elle fréquente la cour de Charles Quint. Rois et princes empruntent à la banquière et utilisent sans scrupules le chantage à l’Inquisition. Doña Gracia joue avec le feu, car ses agences servent de relais aux marranes en fuite. Jusqu’au jour où le danger devient trop pressant. Alors commence son périple: Lyon, Venise, Ferrare, et pour finir Istanbul, où Soliman le Magnifique l’accueille et la protège. De la Corne d’or, elle prononce le boycott d’Ancône, port des états pontificaux, coupables d’avoir mis les Juifs au bûcher. Pour la première fois dans l’histoire, les Juifs se dressent face à la persécution, sous la bannière d’une femme…
Mon sentiment:
Un livre d'historien dont la forme m'a laissée de marbre.
Anne Loyer, éditions Anne Carrière, 208 pages
De quoi s'agit-il?
À dix ans, Marinette, délaissée par ses parents, passe ses journées seule sur la plage. Sa mère vient de quitter le domicile conjugal avec le voisin et son père se réfugie dans son boulot de flic pour évacuer son mal-être. Lorsque Barnabé, qui travaille dans un grand magasin, la déniche au fond d’un caddie, il est loin de s’imaginer à quel point elle va faire ressurgir un passé qu’il pensait profondément enfoui. Il la ramène chez Gaby, sa tante, avec laquelle il vit. La gamine bouscule immédiatement leur quotidien. Car Marinette, sans s’en rendre compte, ravive le souvenir brûlant d’Anna, la petite sœur chérie de Barnabé, disparue vingt-cinq ans plus tôt lors d’un terrible accident. Sa présence aussi légère que solaire va leur rendre l’espoir d’un avenir meilleur. Le deuil en suspens de Barnabé et Gaby peut enfin s’effectuer. Le père de Marinette, consumé par la culpabilité, prend alors une décision radicale. Un choix qui va remettre en question le futur de la petite coriace et de ses nouveaux amis.
En deux mots, à chaud:
C'est la première incursion dans l'univers de la fiction adulte d'Anne Loyer, mais ceux qui ont déjà lu ses livres jeunesse retrouveront sa patte inimitable, ce style écorché qui dénonce avec violence les travers de notre société.
Cette semaine, avec un groupe d'amis, nous étions penchés sur Sagesse 9, 1-18, et nous en sommes venus à évoquer Le cri de Munch. C'est ce même tableau qui me vient à l'esprit après la lecture de La petite coriace. En lisant ce texte, j'ai eu l'impression d'un long cri lancé à la face du monde, un cri qui alerterait sur les fragilités de l'enfance, et qui nous dirait: attention, l'enfance est un trésor, arrêtez de la brutaliser et comportez-vous en adultes responsables !
traduit du japonais par Sophie Refle
De quoi s'agit-il?
Spontanément, je dirais:
S.J. Benentt, Les Presses de la Cité, 280 pages
Traduit de l'anglais par Mickey Gaboriaud
De quoi s'agit-il?
Windsor, printemps 2016. La reine Elizabeth II s'apprête à célébrer ses 90 ans et attend avec impatience la visite du couple Obama. Mais au lendemain d'une soirée dansante au château, un pianiste russe est découvert pendu dans le placard de sa chambre, quasiment nu. Shocking!
Lorsque les enquêteurs commencent à soupçonner son personnel d'être impliqué dans cette sordide affaire, Sa Majesté, persuadée qu'ils font fausse route, décide de prendre les choses en main. Mais être reine a ses inconvénients, et notamment celui de ne pas passer inaperçue. C'est donc Rozie, sa secrétaire particulière adjointe, qui va l'aider à démêler ce sac de nœuds God save the Queen du cosy crime !
Quelques réflexions…
Ce livre m'a été offert à Noël. Je ne m'attendais pas à ce que l'on m'offre ce genre d'ouvrage à mille lieues de mes habitudes de lecture. J'ai trouvé le style solide, ce qui est important pour moi et m'a fait poursuivre la lecture jusqu'au mot de la fin. J'ai été un peu désorientée par la conclusion (tirée par les cheveux en nous sortant du chapeau un personnage hors des radars narratifs), mais peut-être est-ce raccord avec l'esprit des affaires du Royaume, je suis assez mal placée pour juger.