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jeudi 20 octobre 2022

Maman pour le dîner

 

Shalom Auslander, Belfond, 244 pages

Tarduit de l'américain par Catherine Gibert

De quoi s'agit-il?

Quinze ans après l'immense succès de La Lamentation du prépuce, Shalom Auslander fait un retour fracassant avec un roman encore plus drôle et plus iconoclaste. Un livre tout en contrastes, où derrière l'outrance se dévoile une émouvante réflexion sur le poids de nos héritages, sur ce que l'on doit aux siens et ce que l'on se doit à soi-même.


Éditeur de son état, Septième Seltzer coule des jours heureux à New York avec sa femme et leur fille. Jusqu'au jour où son frère aîné l'appelle pour lui annoncer la mort de leur mère, qu'il n'a pas revue depuis des années.

Ce n'est pas tant que Septième soit effondré, – sa mère était un monstre d'égoïsme et de méchanceté –, mais les Seltzer appartiennent à la communauté cannibale des États-Unis et, selon la tradition, les enfants doivent manger le corps de leur mère au cours d'un repas de fête.

Une coutume aussi ridicule qu'archaïque à laquelle Septième refuse de se plier. Mais est-ce aussi simple ? Entre les retrouvailles avec ses frères et sa sœur et le difficile retour dans la maison de son enfance, Septième va se voir soudain confronté à son histoire et à sa culpabilité, et comprendre qu'on n'échappe pas si facilement à son héritage...

Impressions de lecture:

Les remarques toujours aussi corrosives et pertinentes parsèment le texte. 👍👍👍

jeudi 16 septembre 2021

Extrêmement fort et incroyablement près

 

Jonathan Safran Foer, Points, 512 pages

De quoi est-il question?

Oskar, 9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d'astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé qu'elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l'entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l'après 11 septembre. Né en 1977, Jonathan Safran Foer a fait des études de lettres à Princeton. Il vit à Brooklyn avec sa femme et leur fils. Son premier roman, Tout est illuminé, succès international, a été un adapté au cinéma, il est disponible en Points.« Pyrotechnique, énigmatique et, avant tout, extrêmement émouvant. Un exploit hors du commun. »Salman Rushdie. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso

Né en 1977, Jonathan Safran Foer est l'un des auteurs américains les plus doués de sa génération. Ses livres sont des événements littéraires internationaux. Tous ses ouvrages sont disponibles en Points.

Commentaire spontané:

Abandon

Hélas, je n'ai pas lu ce livre au moment opportun, car j'ai dû stopper sa lecture pendant deux semaines, et cela a suffi pour que je ne m'y retrouve plus lorsque j'ai voulu la reprendre. Pourtant, j'étais presque arrivée au bout…



mardi 10 août 2021

Tout un été sans Facebook

 

Romain Puértolas, Le Dilettante, 384 pages

De quoi est-il question?

Mutée disciplinairement à New York, Colorado, un petit village du fin fond de l'Amérique, raciste, sans couverture mobile et où il ne se passe jamais rien, la lieutenant de police de couleur noire, à forte corpulence, Agatha Crispies a trouvé un échappatoire à son désœuvrement dans l'animation d'un club de lecture au sein du commissariat. Mais alors qu'elle désespérait de pouvoir un jour enquêter à nouveau sur un meurtre autre que celui d'un écureuil, une série d'effroyables assassinats et disparitions viennent (enfin) troubler la tranquillité des lieux, mettant à l'épreuve ses connaissances littéraires. Puértolas signe un drôle de thriller loufoque, un poilar !

Commentaire spontané:

L'auteur nous campe des personnages délirants dans un endroit plus qu'improbable. L'enquête tient ses promesses d'être loufoque. Voilà un excellent livre pour commencer des vacances!

💗💗💗

dimanche 27 juin 2021

Freshkills

 

Lucie Taïeb, La Contre-allée, 160 pages

Présentation:

L’ île de Staten Island, à New York, a hébergé de 1948 à 2001 ce qui devint peu à peu l’une des plus grandes décharges à ciel ouvert du monde. Aujourd’hui, le site de Freshkills se transforme en un parc verdoyant, parmi les plus grands de New York, construit au-dessus des déchets enfouis.


Dans ce récit-documentaire à la croisée des genres, Lucie Taïeb remonte aux origines de cette décharge de Babel pour "penser le problème de manière poétique" et comprendre ce lieu qui, à l’apogée de sa production, traitait jusqu’à 29 000 tonnes d’ordures par jour. S’intéresser à l’histoire de ce site et à la façon dont nous traitons nos déchets est aussi pour l’autrice l’opportunité de questionner l’usage du langage technocratique et marketing pour influencer notre perception du réel.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: 💗💗💗

Commentaire spontané:

Sujet aussi passionnant que dérangeant, car il pointe l'infernal emballement de notre consommation (on pourrait parler de frénésie consumériste) due à l'économie de masse et montre combien il nous est actuellement difficile, voire impossible, de faire machine arrière. Cet essai montre aussi l'habilité avec laquelle la société détourne le problème des déchets. J'en suis sortie le souffle coupé.

lundi 29 mars 2021

La cicatrice

 

Bruce Lowery, J'ai Lu, 128 pages

Résumé:

"J'étais, sans le savoir, un enfant heureux, relativement heureux, il est vrai. Mais ce n'était qu'une impression d'ensemble. Car ma vie, même alors, ne manquait pas de petits malheurs auxquels je n'arrivais pas à m'habituer. Il faut remonter à novembre 1944. J'avais treize ans." Jeff porte sur la lèvre un petit bec-de-lièvre que tout le monde nomme la "cicatrice". Une infirmité dont il ne connaît pas la cause et qui lui vaut moqueries et méchancetés de toutes sortes. Parce qu'il ne sait s'en défendre, il intériorise toute cette douleur, toutes ces blessures morales répétées. A cet âge si sensible, s'enfermant peu à peu, il souffre et fait souffrir ceux qui l'aiment sans réserve...

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️❤️

Commentaire spontané:

Bruce Lowery nous guide dans les failles de l'enfance comme personne et nous offre une brillante démonstration des démons auxquels elle est confrontée.

Mon intérêt pour l'histoire a monté crescendo. Au moment du dénouement final j'ai eu un violent pincement au cœur.

Ce livre prend directement le chemin de ma bibliothèque idéale.

mercredi 10 mars 2021

Paria

Richard Krawiec, éditions Tusitala, 220 pages
Traduction: Charles Recoursé

Résumé:

Stewart Rome, ancien maire accusé de corruption, se rappelle le sordide fait divers qui a marqué son adolescence et bouleversé sa vie, alors qu'il n'était encore que le jeune Stewie, timide et empoté. En 1967, Masha, dont il était fou amoureux, est sauvagement agressée dans le sous-sol de son lycée. Un lycéen noir est rapidement arrêté. Est-il le vrai coupable ? De quoi se souvient réellement Stewart ? Raconté par un narrateur trouble aux intentions incertaines, Paria parvient à mettre à jour l'engrenage de la haine. Derrière l'incandescence des premières émotions adolescentes, il ausculte les terribles rouages d'une ville apeurée, minée par le rejet de l'autre, qui se nourrit des parias qu'elle génère. Derrière le décor sixties, c'est bien les racines de l'Amérique d'aujourd'hui que déterre Richard Krawiec.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️❤️

Commentaire spontané: 
Je me suis pris cette lecture comme un coup de poing: j'ai eu mal et je me suis sentie ébranlée. Un page-turner qui va me marquer durablement.

vendredi 31 juillet 2020

Une ville de papier


Olivier Hodasava, 144 pages, L'inculte

Résumé:

Etats-Unis, année trente. L’industrie automobile fait la pluie et le beau temps de l’économie américaine. Le pays, gigantesque, s’offre à des routes rectilignes qui en traversent chaque état. Les citoyens s’équipent en nouveaux modèles, le crédit marche à flot, les autoroutes fleurissent, les stations-services éclosent. Afin d’encourager ces trajets qui enrichissent géants du pétrole et adeptes du fordisme automobile, on offre à tour de bras des cartes autoroutières aux conducteurs. Et pour s’assurer qu’elles ne sont pas copiées par des concurrents, on y place des fausses villes en guise de signature invisible, des «villes de papier». Desmond Crothers, jeune cartographe, conçoit une telle carte de l’état du Maine pour Esso. Mais sa ville aura un tout autre destin : elle existera vraiment, une fois qu’un commerçant obstiné décidera de la fonder quelques années plus tard, comme pour valider cette ville imaginaire. Autour de ce monde qui prend forme, on croise des cartographes, une violoniste au destin tragique, Stephen King, des acteurs venus pour y tourner un épisode de «Twilight Zone», des amoureux qui n’ont que ce territoire pour s’épancher.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️
Commentaire spontané:
Le sujet est original et l'enquête agréable à suivre, avec quelques rebondissements inattendus. Un bon livre pour commencer les vacances.

lundi 24 février 2020

Le petit-fils

Nickolas Butler, Stock, 350 pages

Présentation de l'éditeur:

Après trente ans à travailler dans un petit commerce, Lyle vit désormais au rythme des saisons avec sa femme Peg, dans leur ferme du Wisconsin. Il passe ses journées au verger où il savoure la beauté de la nature environnante. Leur fille adoptive, Shiloh, et leur petit-fils bien aimé, Isaac, se sont récemment installés chez eux, pour leur plus grande joie.

Une seule ombre au tableau : depuis qu’elle a rejoint les rangs des fidèles de Coulee Lands, Shiloh fait preuve d’une ferveur religieuse inquiétante. Cette église, qui s’apparente à une secte, exige la foi de la maison entière et Lyle, en proie au scepticisme, se refuse à embrasser cette religion. Lorsque le prédicateur de Coulee Lands déclare qu’Isaac a le pouvoir de guérison, menaçant par là-même la vie de l’enfant, Lyle se trouve confronté à un choix qui risque de déchirer sa famille.

Interrogeant les liens filiaux, la foi et la responsabilité, Le Petit-fils dépeint avec justesse, tendresse et amour le combat d’un couple de grands-parents prêts à tout pour leur petit-fils.

Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Un livre trop axé sur la religion à mon goût, et dans ce sens, trop "américain". Car en dehors de la dénonciation des sectes qui mettent en péril la santé des enfants, l'auteur nous brosse le portrait d'une famille cernée par l'église, par Dieu, par la croyance - ou l'incroyance. (L'ami d'enfance du grand-père est pasteur. Le grand-père se rend lui-même à l'église tous les dimanches…) La démarcation entre la secte et l'église officielle ne m'a pas vraiment convaincue, or je pense que l'auteur voulait en faire la démonstration. Bref, ça se lit bien, mais je n'y ai pas retrouvé l'ambiance de Retour à Little Wing, hélas.

dimanche 27 octobre 2019

Les amazones

Jim Fergus, Cherche Midi, 374 pages

Présentation de l'éditeur:

Mille femmes blanches : L'héritage
1875. Un chef cheyenne propose au président Grant d'échanger mille chevaux contre mille femmes blanches, afin de les marier à ses guerriers. Celles-ci, " recrutées " de force dans les pénitenciers et les asiles du pays, intègrent peu à peu le mode de vie des Indiens, au moment où commencent les grands massacres des tribus.

1876. Après la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes décident de prendre les armes contre cette prétendue " civilisation " qui vole aux Indiens leurs terres, leur mode de vie, leur culture et leur histoire. Cette tribu fantôme de femmes rebelles va bientôt passer dans la clandestinité pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de génération en génération.

Dans cet ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus mêle avec une rare maestria la lutte des femmes et des Indiens face à l'oppression, depuis la fin du xixe siècle jusqu'à aujourd'hui. Avec un sens toujours aussi fabuleux de l'épopée romanesque, il dresse des portraits de femmes aussi fortes qu'inoubliables.


Combien ce livre a fait battre mon cœur: ❤️❤️❤️❤️
Commentaire spontané: Je ne pouvais pas passer à côté de ce dernier opus, moi pour qui Mille femmes blanches compte parmi la soixantaine de livres de ma bibliothèque idéale.
On retrouve dans ce volet final l'engagement humaniste de l'auteur. C'est évidemment un livre très féministe puisque les femmes prennent leur destin en main en s'associant pour leur défense. La sauvegarde de l'environnement apparaît en toile de fond, car Jim Fergus décrit à plusieurs reprises les ravages de la colonisation de l'homme blanc en Amérique.
J'ai particulièrement aimé le passage où, arrivé dans une vallée oubliée du monde, le groupe de May Dodd va pactiser avec les Shoshones (à partir de la page 256). C'est un moment d'harmonie parfaite entre les peuples, un intermède quasi christique.

dimanche 18 novembre 2018

Forêt obscure

Forêt obscure, Nicole Krauss, éditions de l'Olivier, 288 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

Jules Epstein a disparu. Après avoir liquidé tous ses biens, ce millionnaire new-yorkais est retrouvé à Tel-Aviv, avant qu’on perde à nouveau sa trace dans le désert. L’homme étrange qu’il a rencontré, et qui l’a convié à une réunion des descendants du roi David, y serait-il pour quelque chose ?

À l’histoire d’Epstein répond celle de Nicole, une écrivaine américaine qui doit affronter le naufrage de son mariage. Elle entreprend un voyage à Tel-Aviv, avec un projet très précis : séjourner dans le Hilton où elle passait, enfant, la plupart de ses vacances. Elle a le pressentiment qu’elle y trouvera une forme de vérité qui pourrait bouleverser sa vie. Et remettre en cause, au passage, son sentiment même de la réalité.

Jusqu’au jour où un étrange professeur de littérature lui confie une mission d’un ordre un peu spécial…

Avec humour et une grande maîtrise romanesque, Nicole Krauss explore les thématiques de l’accomplissement de soi, des métamorphoses intimes, et nous convie à un voyage où la réalité n’est jamais certaine, et où le fantastique est toujours à l’affût. 

Ma cote d'amour: *** En demi-teinte
Commentaire spontané: Cet ouvrage ouvre de nombreuses pistes de réflexion pour qui a envie de se retourner sur sa vie. Pourtant, j'avoue m'être ennuyée, et à la fin, j'étais même un peu perdue.

mercredi 26 avril 2017

Les furies

Les furies, par Lauren Groff, éditions de l'Olivier, 432 pages

Ce qu'en dit l'éditeur:

« Le mariage est un tissu de mensonges. Gentils, pour la plupart. D’omissions. Si tu devais exprimer ce que tu penses au quotidien de ton conjoint, tu réduirais tout en miettes. Elle n’a jamais menti. Elle s’est contentée de ne pas en parler. »
Ils se rencontrent à l’université. Ils se marient très vite. Nous sommes en 1991. À vingt-deux ans, Lotto et Mathilde
sont beaux, séduisants, follement amoureux, et semblent promis à un avenir radieux. Dix ans plus tard, Lotto est devenu
un dramaturge au succès planétaire, et Mathilde, dans l’ombre, l’a toujours soutenu. Le couple qu’ils forment est l’image-type d’un partenariat réussi.

Mais les histoires d’amour parfaites cachent souvent des secrets qu’il vaudrait mieux taire. Au terme de ce roman, la véritable raison d’être de ce couple sans accrocs réserve bien des surprises.

Ma cote d'amour: ***** J'aime (la fin) ***** Je n'accroche pas (au début)
Commentaire spontané: J'ai eu raison d'aller jusqu'au bout.

dimanche 27 novembre 2016

En toute franchise

En toute franchise, par Richard Ford, Points, 222 pages

Ce qu'en dit l'Olivier:

« Il est matériellement quasi impossible d’avoir plus de cinq vrais amis. C’est bien pourquoi j’ai limité mon temps-pour-autrui à du temps avec Sally, mes deux enfants (qui habitent des villes lointaines, Dieu merci) et mon ex-femme Ann, qui a élu domicile dans un mouroir chiquissime trop proche de mon domicile pour mon confort personnel. Reste donc un créneau et un seul. Charité bien ordonnée… j’ai décidé de me le réserver ; je serai ainsi mon meilleur et mon dernier ami. »

À soixante-huit ans, Frank Bascombe en a fini avec sa vie d’ancien journaliste sportif et d’agent immobilier. Il coule désormais une retraite paisible dans une ville du New Jersey. Paisible...jusqu’à ce que l’ouragan Sandy vienne frapper à sa porte.
Sincère, touchant, politiquement incorrect, Frank Bascombe, sous la plume incisive et profondément humaine de Richard Ford, demeure l’un des personnages les plus attachants de la littérature américaine.

Ma cote d'amour: ***** Je n'accroche pas

vendredi 4 mars 2016

Le livre d'Aron

Le livre d'Aron, par Jim Shepard, éditions de l'Olivier

Ce qu'en dit l'éditeur:

« Aron, c’est le nom que mes parents m’ont donné, mais mon père dit qu’ils auraient mieux fait de m’appeler “Dans quoi tu t’es encore fourré”. »
Aron a 8 ans lorsqu’il se retrouve enfermé, avec toute sa famille, dans le ghetto de Varsovie. Pour ce petit garçon pauvre, habitué à se faire corriger, le ghetto est un autre terrain de jeux, nouveau et
excitant. Mais très vite, l’horreur s’installe au coeur de la vie de tous les jours. La faim, le typhus font rage. Comment survivre ? Aron fait l’apprentissage du vol et du mensonge. Il découvre, mêlés l’un à l’autre, le sens de l’héroïsme et le goût de la trahison. Et rencontre l’homme qui va décider de son sort : le directeur de l’orphelinat, Janusz Korczak.
Désormais, Aron a une mission. Saura-t-il se montrer à la hauteur de ce que l’on attend de lui ?

Ma cote d'amour: ***** J'aime